Partager l'article ! Pedro Calderon de la Barca 1600-1680: Entre 1608 et 1614, il reçoit une excellente éducation au collège impérial de la Compagnie de ...
Conférences littéraires
de Jacqueline
Baldran
Entre 1608 et 1614, il reçoit une
excellente éducation au collège impérial de la Compagnie de Jésus de Madrid, où il est initié au latin, à la rhétorique et à la lecture des classiques. Il suit des cours à l'université d'Alcala pour s'y préparer à la prêtrise, selon le vœu de sa
grand mère, qui avait fondé à cet effet, par testament, un office de chapelain.
Un an plus tard, il entre à l'université de Salamanca. Par ailleurs, il continue de pratiquer très assidûment, les auteurs latins et
grecs. La rigueur et la logique de l'argumentation de ses textes, la vaste culture qu'ils révèlent, sont la marque de l'empreinte profonde laissée par ces années de formation.
De sa jeunesse, on connaît quelques épisodes tumultueux et dignes de l'une de ses comédies de cape et d'épée. Ainsi, en 1621, impliqué avec ses frères dans une affaire d'homicide,il doit vendre la charge de son père pour
indemniser la famille de la victime. En 1629, l'un de ses frères est blessé par un acteur. Ce dernier cherche refuge dans un
couvent de religieuses trinitaires. Pedro, suivi de près par la police, le poursuit: il sera accusé d'avoir violé un lieu
sacré.
Ses démêlés avec la justice et l'Église n'entameront pas la faveur dont il jouit bientôt auprès de son souverain, Philippe IV. Il n'a
pas eu la vie tumultueuse de Lope et il semble que sa personnalité fut beaucoup moins attachante que celle de son illustre aîné. Il fut, à coup sûr, beaucoup plus courtisan que lui.
Dès l'âge de vingt ans, son nom apparaît lors d'un tournoi poétique présidé par Lope, à l'occasion de la béatification de San Isidro labrador. A peu près à cette date, il renonce à la carrière ecclésiastique pour se consacrer à la poésie
et surtout au théâtre.
Ses activités de dramaturge
coïncident avec la construction, dans l'enceinte même du palais, d'une vaste salle de spectacles magnifiquement aménagée; de ce fait il fut moins dépendant des corrales dont les ressources
techniques étaient rudimentaires. Sa première comedia, Amour, Honneur et Pouvoir, est
représentée, en 1623, au Palais royal. Bien d'autres suivront, nombreuses, et qui lui apporteront gloire et honneurs.
Entre 1630 et 1640, il écrit ses œuvres
majeures, dont une première partie est publiée dès 1636.
Il ne tarde pas à devenir le dramaturge favori de la cour, surtout après la
mort de Lope de Vega en 1635. Cette année- là fut donnée au palais sa pièce à grand spectacle "Los encantos de Circé."
L'activité de Calderon ne se limitait pas aux pièces profanes; il avait écrit un certain nombre d'autos
sacramentales qui lui offraient l'étendue sans limite du temps et de l'espace et se trouvaient en harmonie avec sa
philosophie et ses aspirations spirituelles. C'est d'ailleurs avec un auto sacramental qu'il avait
inauguré cette salle en 1634. Deux ans plus tard, le roi Philippe IV l'appelle à la cour, le comble de faveurs et de
distinctions, et fournit aux dépenses nécessaires pour la représentation de ses pièces
Par deux fois, il s'engage comme simple soldat. Il participe participe à la défense de Fontarabie, menacée par les Français, puis à la campagne contre la rébellion des
Catalans. Les malheurs, les désastres s'étaient abattus sur l'Espagne. Les théâtres furent fermés pendant 4 ans environ après la mort de la reine en 44.
Privé des ressources que lui apportaient le théâtre il entra au service de don Fernando Alvarez du Toledo qui lui offrit l l'hospitalité dans son château de Alba de Tormes. En 1648, le
mariage de Philippe IV avec Marie Anne d'Autriche dissipa le cauchemar de ces années terribles. Il écrivit, à cette occasion, La seconde épouse et Triompher en mourant. Pièces graves et
profondes, marquées par l'image de la mort qui éteint l'une après l'autre les flammes de la vie.
En octobre 1650, il entre dans le Tiers–ordre de Saint- François puis se
décide à accepter l'office de chapelain qu'il avait autrefois refusé. En 1651,
parvenu à la maturité, aspirant à une vie ascétique, après une jeunesse turbulente, il est ordonné prêtre
et reconnaît alors avoir eu ce fils, qu'il avait jusqu'alors présenté comme son neveu. Commence alors une seconde époque de vie, une vie de retraite, sa «biographie du silence».
Sa vie ne sera plus désormais que celle de ses oeuvres. Il a cessé d'écrire pour les corrales et se consacre exclusivement à la composition d' autos sacramentales, de divertissements pour la cour, de
comédies mythologiques à l’écriture élégante et à la mise en scène brillante. Enfin il est à l'origine d'un nouveau type de spectacle qui fit fortune en Espagne: la
zarzuela (qui tire son nom de l'édifice où fut donné ce spectacle).
Fait chapelain honoraire de Philippe IV, il jouit auprès du public d'une popularité durable, et des recueils de ses œuvres sont régulièrement édités. En 1680, sa dernière pièce
est représentée au théâtre du Buen Retiro, devant le roi Charles II. Il meurt un an plus tard, à Madrid, à l'âge de quatre-vingt-un ans.
Maniant autant l'épée que la plume,
poète et soldat, guerrier et théologien, Calderon représente bien un certain idéal de l'aristocratie espagnole de ce temps. Sa production dramatique, enracinée dans la tradition
dramatique espagnole qu'il renouvelle, est considérable et variée, riche de quelque deux cents pièces : autos sacramentales, comédies et intermèdes, pièces lyriques agrémentées de
chorégraphies, drames historiques et moraux, divertissements pour les fêtes royales ou religieuses sont autant d'œuvres baroques, intensément poétiques, qui révèlent le génie d'un auteur
profondément chrétien et font de lui l'un des maîtres du théâtre espagnol.
Avant de mourir, il avait établi la liste des 110 pièces qu'il reconnaissait pour siennes mais il en avait écrit davantage. Il composa, en outre, environ 80 auto sacramenteles. Nous laisserons de
côté les comedias de cape et d'épée qu'il écrivit plutôt dans une première période sa vie, jusque vers 1835. Avec lui, la comedia atteignit la perfection. Il élagua certains excès.
Ses intrigues, souvent complexes, conduisent à exploiter des situations récurrentes dans l’ensemble du
répertoire, mais, même les sujets les plus superficiels, les plus drôles, posent de vraies questions: les rapports entre sexe, le fossé entre les générations, la frontière entre
l'autorité et la tyrannie, avec une cohérence qui était parfois absente des œuvres de Lope de Vega.
Nous n'analyserons brièvement trois oeuvres majeures qui permettront de découvrir
le vaste registre de sa production.
La Vie est un songe.
Un horoscope a prédit à Basile, roi de Pologne, savant et astrologue, que son fils,
Sigismond, par nature malfaisant et perfide, le détrônerait par la violence et deviendrait un tyran
sanguinaire. À sa naissance, il causa la mort de sa mère. Basile le fait emprisonner secrètement et enchaîner dans une tour, loin de tout contact avec le monde avec pour seul compagnon Clothalde,
son précepteur et geôlier.

Cependant, des années plus tard, le
roi, pris de remords, et qui songe à abdiquer, révèle à la cour l'existence de son fils caché. Pour vérifier la vérité de la
prédiction, il tente une expérience : il lui rendra sa liberté, le fera venir au palais; s'il dépasse alors son destin, prédit par les astres, s'il vainc «ses mauvais instincts», il gardera
la couronne, sinon, il retournera en prison à jamais. Il libère donc Sigismond, sans que celui-ci s'en rende compte, grâce une potion soporifique.
Quand le jeune prince se réveille dans une chambre du palais et qu'il apprend à quelle expérimentation il fut soumis dès sa naissance, il se révèle ce que son père a fait de lui, c’est-à-dire un
monstre. Sigismond s’abandonne à ses plus méprisables instincts, commet une série d’actes violents et répréhensibles, tente de chasser son père. Basile fait donc rendormir et reconduire dans la
tour. À son réveil, le jeune homme se demande s'il a vécu ou rêvé. Clothalde lui fait croire qu'il
a rêvé sa royauté d'un jour.

Cependant, une insurrection du peuple le délivre et le met à la tête du royaume. Devenu roi, à nouveau maître de ses actes, mais craignant de voir s’évanouir l’enchantement, il se montre, contre
toute attente, un souverain vertueux, pardonne à son père et à tous ses ennemis. Il est converti désormais au bien parce que «toute fortune humaine passe comme un songe».
Dans ce drame violent et tourmenté prennent corps de
grandes questions politiques, psychologiques et métaphysiques. On y voit un conflit oedipien entre le fils et le père, le premier terrassant le second mais dépassant ce conflit en
pardonnant, permettant ainsi à l'être humain d’émerger de la bête. Calderon oppose la superstition qu’incarne l’astrologue Basile, qui soumet le destin de son fils à la dictée des astres, et
la raison qu’incarne Sigismond, le seul personnage de la pièce qui refuse la prédestination astrale.
La pièce offre donc une admirable méditation
sur le thème du libre arbitre. Condamné d'avance, sans appel, Sigismond est l'image de la misère humaine : borné dans sa nature, infini dans ses voeux, son grand crime est d'être né. Mais, après
cette épreuve initiatique, il est revenu des illusions du pouvoir, du désir, de l'amour, et il surmonte, par son libre arbitre, le déterminisme auquel il avait été arbitrairement soumis. Ainsi, il triomphe-t-il des
autres et de lui en s’émancipant du paraître et de ses
vanités.
La pièce pose aussi le problème du pouvoir et de la raison d’État. Elle est
aussi un plaidoyer enthousiaste pour le droit de contester la loi politique : «Mais quand un ordre est inique doit-on si aveuglément exécuter froidement l’injuste loi tyrannique?» - «Une
scélérate loi n’est pas alibi du crime : la révolte est légitime, c’est la morale et le droit» affirme Sigismond.
Le titre de la pièce indique bien la parenté entre la vie et le songe, ce superbe texte philosophique éveillant la question, posée depuis le mythe de la caverne dans “La république" de Platon,
sur la réalité respective de la vie rêvée et de la vie vécue, qu’on retrouva chez Descartes, chez Beckett :
De là, on aboutit à l’inquiétude métaphysique sur la réalité du monde d’ici-bas qui n'est peut-être qu'un songe, par rapport à une vie réelle qui se passerait dans l’au-delà, inquiétude que
Shakespeare déjà avait prêtée à Hamlet : «Voilà la question : quels rêves viendront quand nous aurons quitté cette carcasse?» "
La vie est un songe" est le chef-d'oeuvre du théâtre de Calderon et cette pièce, d'une modernité et d'une actualité frappante, est une des plus belles du répertoire mondial.
L'alcade de Zalamea
L'alcalde de Zalamea est située dans le temps, précisément en 1580, mais il ne s'agit
pas d'un drame proprement historique, bien qu'il soit dominé deux personnages qui appartiennent à
l'histoire: Le roi Philippe II,
considéré comme incarnation de la justice, et Don Lope de Figueroa, chef des armées, vieux soldat fidèle, authentique héros.
Les autres personnages sont don Crespo, riche et honnête paysan, maire de sa commune, sa
fille Isabel, son fils Juan, Inés la cousine d'Isabel, don Mendo ridicule hidalgo épris d'Isabel et
le
capitaine
Intrigue
Le capitaine, don Alvaro de Ataide, dont la compagnie
vient prendre ses quartiers dans le village de Zalamea, est logé chez Pedro
Crespo, le paysan le plus riche et le plus estimé de la contrée. Isabel, sa fille est
célèbre pour sa beauté.
Le personnage de Crespo domine le drame. C'est un campagnard enrichi par un honnête travail dont il est légitimement fier. Quand il explique à son
fils pourquoi il refuse d'acheter des lettres de noblesse, ses propos sont d'une admirable élévation dans leur simplicité
"Y-a-t-il quelqu'un qui ne sache que je suis, quoique d'une famille au sang pur, un roturier.
Que puis–je gagner en achetant au roi des lettres de noblesse si
je ne puis en acheter le sang? Dira-t-on que je vaux mieux qu'à
présent? Non c'est absurde. Alors que diront les gens? Que je suis noble au prix de cinq ou six mille réaux? Cela, c'est de l'argent et non de l'honneur, car l'honneur personne ne peut l'acheter.. Je ne veux pas
d'honneur postiche, manants étaient mes grands parents et mes
père et mère, manants seront mes enfants ".
A cette noblesse d'âme s'oppose la
morgue du capitaine, Alvaro qui, entendant vanté la beauté d'Isabel, réplique :" si
belle et si vaine qu'elle soit , n'est – elle donc pas autre chose qu'une fille de manant, aux mains et aux pieds grossiers". Sûr de l'impunité
que lui confère son grade et ses titres de noblesse, il veut vaincre la résistance d'Isabel. Après une tentative de séduction déjouée par le père, le capitaine, aidé de quelques
soldats enlève la jeune fille et l'entraîne dans les bois où il abuse d'elle, malgré ses supplications et ses plaintes.
Crespo vient d'être nommé, par ses concitoyens, alcalde de la ville. Atteint dans son honneur, Crespo demande à l'officier de lui donner réparation en épousant sa victime. Ce que le capitaine refuse avec morgue. En vertu des pouvoirs judiciaires que lui confère sa fonction, Crespo instruit le procès du capitaine et le condamne au garrot.

Don Lope, chef des armées du
roi, par esprit de corps, défend les privilèges
de sa caste et s'oppose avec vigueur au paysan magistrat; il voudrait remettre le coupable à la justice militaire. Crespo
refuse. Le coupable est exécuté. Lope veut arrêter Crespo mais le roi Philippe II, qui passe par la ville, se rend aux raisons invoquées par Crespo et, en dépit de l'audace de la sentence, il sanctionne sa décision et le
nomme alcalde perpétuel de Zalamea.
A travers cette pièce, Calderon porte témoignage d'une sinistre réalité. Des
centaines de documents irréfutables dénoncent le
relâchement de l'esprit militaire. A la fin du XVII siècle, les hommes ne se
battent plus pour un idéal,
ni pour défendre des valeurs mais pour de l'argent L'armée est devenue le refuge des hommes sans emploi, des gens de sac et de corde, des spadassins,
ou de jeunes hommes, de plus ou moins bonne famille compromis dans un duel, dans un meurtre, ou ruinés. L'armée met à sac les villages ou les villes qu'elle est censée défendre
Pillages,viols, outrages, coercitions, abus, insolence sont devenus chose courante. C'est dire que le sujet même de la pièce devait susciter l'intérêt du public.
L'intervention du roi n'est pas seulement un recours à un deux ex machina pour résoudre une
situation sans issue. Le choix d'un roi justicier, Philippe II, a valeur d'exemple. Il est ici le symbole de la monarchie bien comprise.
Cette pièce, inspirée d'une comedia de Lope, constitue l’exemple parfait d’un drame rural centré sur une affaire d’honneur. Calderon y condensait toutes les vertus du grand théâtre du Siècle d’or
espagnol. Mais il ne faut pas voir dans cette pièce, du moins dans l'optique de Calderon, quelque revendication d'une égalité républicaine. Ce que Crespo défend, c'est le principe de
l'égalité devant l'honneur.Pour
le reste, il en est de la pièce de Calderon, comme de tous les chefs d'œuvre . Chaque époque y
projette ses propres espoirs , ses propres fantasmes
***

La pièce débute par une invitation que le poète lance au Monde à lui préparer un spectacle dont lui-même
choisira les acteurs.Tandis que le Monde organise la scène, l'auteur appelle sept personnages et leur distribue leurs rôles. L'un sera le Riche, un autre le Roi et les autres respectivement le
Paysan, le Mendiant, la Beauté, la Sagesse et l'Enfant.
`Le Paysan et le Mendiant n'acceptent pas volontiers leurs rôles. Et l'Enfant qui n'a rien à faire si ce n'est à mourir avant de naître, fait remarquer que son personnage n'a vraiment pas
besoin d'étudier le sien.
La scène et le décor sont prêts : deux portes, sur l'une est inscrit le mot « Berceau », sur l'autre le mot « Tombe ». Lorsque le Monde, est à la fois costumier et régisseur, a distribué
tout le matériel, le spectacle commence. Les personnages voudraient répéter, mais le Monde leur enjoint d'improviser.
Les personnages sortent alors l'un après l'autre du Berceau et guidés simplement par une voix mystérieuse qui leur dit : « Aime ton prochain comme toi-même ; fais le bien parce que Dieu est
Dieu »
Ils improvisent leurs rôles respectifs : le Riche fait bombance, le Paysan travaille et se plaint, le Roi est orgueilleux de sa puissance, la Beauté s'émerveille de sa perfection, le Mendiant
demande vainement la charité, la Prudence s'affirme. Le spectacle est une répétition et un concours : lorsqu'un personnage a suffisamment manifesté ses qualités, le Monde le fait sortir de
scène par la porte noire de la Tombe.
Le spectacle fini, l'Auteur convoque ses personnages pour leur distribuer récompenses et punitions : la Prudence et le Mendiant qui ont joué honorablement leur rôle sont accueillis à la table
eucharistique et ont droit à la béatitude ; le Roi, la Beauté et le Paysan iront au Purgatoire ; l'Enfant qui n'est pas né aux Limbes, et le Riche en Enfer. L'allégorie est assez
transparente et l'était plus encore pour les contemporains de Calderon, habitués à considérer le problème de la grâce comme un problème de passionnante actualité.
Les contemporains de Calderon ne sont nullement désorientés de voir incarner les concepts théologiques qui sont familiers même aux analphabètes. L'improvisation sur un thème symbolise le
libre arbitre humain qui peut, en union avec la grâce suffisante, don de Dieu , créer la grâce efficace et obtenir ainsi le salut. .
Par-delà une première signification religieuse conforme au devoir de propagande et d’édification de l’auto
sacramental, le Grand Théâtre du monde apparaît comme une œuvre philosophique, dans le contexte d’une Espagne dominée par l’idéalisme et une représentation ascétique de l’existence.
Le monde est une suite d’apparences trompeuses et le drame de la vie est " la pièce où va paraître le discernement humain" car pour l’homme, vivre paraît essentiel, alors que d'une scène où
il tient son rôle. La vie c'est la traversée des illusions: « tout en cette vie est représentation."
C’est pourquoi le personnage allégorique de la Beauté ( la Femme) prend une valeur symbolique : il fascine les autres de même qu’il se perd dans sa propre contemplation, mais tout disparaît dans
la mort. Au milieu des illusions qui se donnent pour réalité, seul Dieu (l’Être) oppose, jusque dans la mise en scène, son immobilité et sa plénitude éternelles.
Charles V. Aubrun, dans son Histoire du théâtre espagnol, écrit: " Ainsi, pour la première fois, depuis les Grecs, le théâtre avec Calderon réassumait sa fin religieuse et sa plus altière
mission: confronter l'homme avec lui -même".
Au XIX siècle , l'oeuvre de Calderon sera découverte par l'Allemagne romantique. Après des siècles de purgatoire, aujourd'hui , grâce aux efforts des chercheurs et des hommes de théâtre , Calderon a retrouvé le rang de dramaturge modèle qu'il avait occupé pour les poètes dramatiques de son temps.
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